GERER ET AMENAGER

Gestion différenciée


Un cadre de vie apaisant et plus sain, une meilleure régulation des températures dans la ville, la maîtrise du risque inondation ou encore la conservation de la biodiversité ou une redynamisation de l'agriculture des aires urbaines...Voici un aperçu de la demande sociétale qui émerge depuis plusieurs années autour des bénéfices apportés par la Nature. Vous trouverez dans cette rubrique, des conseils techniques sur les espaces verts, le bâti, les bords de routes, les espaces publics et le génie écologique.

eco jardin

VEGETALISATION

La végétalisation est un véritable atout. L’embellissement passe d’abord par la valorisation du patrimoine existant d’une commune (un muret en vieilles pierres, un lavoir, un arbre remarquable, une berge...). L’idée est d’agrémenter et d’accompagner l’existant. Un espace herbacé suffit parfois à attirer le regard vers un élément patrimonial plus singulier.

  • Le fleurissement dit «horticole» peut cependant être considéré comme une contrainte, si les espèces employées ne sont pas adaptées aux conditions locales de sol et de climat. Bien réfléchir aux lieux adaptés à chaque type de fleurissement, utiliser davantage de plantes locales.
  • La biodiversité est un atout pour le fleurissement : lorsqu’un équilibre  biologique s’installe, les risques de maladies et de colonisation par une seule espèce diminuent. C’est un système d’autorégulation qui mène à une réduction de l’entretien : planter des massifs diversifiés avec des espèces locales mellifères (si possible à longue floraison) et favoriser les espaces non cultivés pour accueillir les auxiliaires adultes et les pollinisateurs.
  • Associer les différents types de fleurissements, privilégier les critères paysagers. Un fleurissement champêtre enrichit la biodiversité, mais attention au choix, et à la provenance des graines. Pour des raisons génétiques privilégier des espèces dont l’origine est locale (semences locales).

AUXILIAIRES

Les auxiliaires sont des prédateurs naturels des insectes ravageurs. Accueillir les auxiliaires, c’est avant tout favoriser la diversité au jardin, et par là même favoriser la stabilité des écosystèmes jardinés. Faites confiance aux syrphes, aux hérissons et chauves-souris pour assurer dans vos jardins le maximum de résistance aux pressions diverses et variées qu’ils peuvent subir.

  • multiplier et à diversifier les plantes, installer des abris, ne pas éliminer tous les ravageurs car, sans aliments, les auxiliaires mourront. Basées sur le respect des mécanismes existants entre les espèces et leur milieu, ces solutions de biocontrôle consistent à utiliser des ennemis naturels (insectes prédateurs, vers parasites, champignons ou bactéries)
  • installer des hôtels à insectes, nichoirs pour favoriser l’accueil et le développement des insectes, oiseaux, batraciens et petits mammifères en tout genre. Non seulement parce qu’ils jouent le rôle d’auxiliaires pour les plantations, protégeant les végétaux mais aussi parce qu’ils permettent aux habitants de redécouvrir toute une biodiversité ordinaire, de préserver les pollinisateurs, voire certaines espèces rares de mammifères, de batraciens ou d’oiseaux.

Inspirée de la bien connue « énergie positive », l’expression « biodiversité positive » est née pour désigner les constructions intégrant la biodiversité. Elle définit un espace bâti dont la conception, la mise en œuvre et la gestion permettent le maintien ou le développement d’une biodiversité, d’une biomasse ou d’une nécromasse. Il en est de même de sa possibilité de recréer des fonctions éco-systémiques équivalentes à celles que l’on trouverait sur une surface sauvage de mêmes caractéristiques, au même endroit.

Favoriser la biodiversité du bâti
  • Utiliser la végétalisation du bâti comme base d’un milieu simple mais favorable à la biodiversité pour se reproduire, se nourrir, s’abriter, jouer sa fonction de pollinisation...
  • Proposer des gîtes, des abris ou des nichoirs directement dans la conception des bâtiments pour favoriser la nidification, l’hibernation ou la protection contre les intempéries pour les oiseaux, les mammifères ou certains insectes ;
  • Éviter de créer des aménagements se révélant être des dangers pour la faune et des risques sanitaires pour l’homme.

Attention : Tout bâtiment intégrant des éléments dédiés à accueillir la faune et la flore (nichoirs, murs ou toitures végétalisés…) n’est pas obligatoirement « à biodiversité positive » : la biodiversité ne se réduit pas à la simple notion d’espèce.


Verdir les cours des établissements scolaires

La plupart des surfaces de terrain d’une école est asphalté. Ces lieux très minéraux emmagasinent la chaleur pendant la journée. La température ne baisse pas la nuit car les sols bitumés empêchent l'eau de s'infiltrer pour ensuite s'évaporer. Le verdissement d’une cour est une occasion d’améliorer la qualité de vie à l’école. Au-delà de la réduction des îlots de chaleur, le verdissement d’une cour d’école permet d’augmenter la fréquence du contact avec la nature et de la rendre plus accessible. C’est aussi l’occasion de réinventer les fonctions d’une cour, tant ludiques que pédagogiques.

La sécurité demeure une dimension essentielle à intégrer lors d’un projet de verdissement de cour d’école. Pourtant, il est tout à fait possible d’accroître la quantité de végétaux sans nuire à la surveillance lors des périodes de récréations. Le choix des essences et leur implantation doivent être conçus à la lumière de ces considérations. La démarche de verdissement doit mettre l’accent sur la sensibilisation de tous (enseignants, parents d'élève, collectivités) afin de susciter la plus grande adhésion possible.


Enherber les zones imperméabilisées

L’imperméabilisation du sol est une caractéristique propre au milieu urbain. Elle empêche l’infiltration des eaux pluviales et conduit à la saturation du réseau d’assainissement, voire aux inondations en cas de fortes pluies. Les parterres de fleurs gagnés sur le bitume, la création de parkings enherbés ou le dimensionnement optimal des trottoirs limitent les problèmes hydrauliques tout en accueillant la biodiversité.

Les trottoirs enherbés constituent une trame verte en termes de corridor écologique, en lien avec une gestion extensive et l’arrêt des produits chimiques. Leur enherbement permet de les protéger de l’imperméabilisation et du stationnement sauvage et encourage la sensibilisation des habitants au respect des trottoirs enherbés.

Les plantes couvre-sol représentent également une bonne alternative. Leur mise en place au pied des haies ou des arbres limite la pousse de la flore spontanée non désirée par asphyxie et réduit l’évapotranspiration du sol. Elles peuvent permettre également de couvrir certains espaces difficilement accessibles dont l’entretien peut-être compliqué.

L’objectif est de concilier une réponse adaptée aux nombreux enjeux écologiques existants (sols, eau, biodiversité, pollutions, déchets) et qualité du paysage créé, en termes esthétique et d’usages. En cela, la conception écologique dépasse le champ des seuls bienfaits des espaces publics pour la biodiversité et les équilibres naturels mais concerne également le champ des bienfaits pour l’homme.

Parmi les espaces public, cimetières et terrains de jeu, sont dits « à contraintes » car leurs usages et leur conception peuvent entraîner des difficultés dans le changement de pratique et l’arrêt d’usage des pesticides. Tout comme l'éclairage public, qui constitue une perturbation pour la flore et la faune et une barrière pour bon nombre d’espèces, dont la corrélation entre éclairement et sécurité peine à être établie.

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Les cimetières sont des espaces fortement minéralisés laissant peu de place au végétal engendrant des besoins de désherbage importants pour limiter les adventices. De plus, le fait de laisser se développer la végétation peut faire naître un sentiment d’abandon chez les familles des défunts, peu compatible avec le travail de deuil.

Pour les terrains de sport, ce sont souvent les exigences des différents clubs et fédérations sportives qui poussent les gestionnaires vers des pratiques intensives peu favorables à l’environnement et à la biodiversité en particulier. Cela peut amener à penser que la fonction du lieu et ses contraintes s’opposent aux initiatives écologiques et à la gestion différenciée.

--> La gestion écologique devient un vecteur de sensibilisation. Le gestionnaire, qu’il soit public ou privé, montre l’exemple et peut inspirer les jardiniers amateurs sur leur propres espaces.

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Les conséquences de l’excès d’éclairage artificiel ne se limitent pas à la privation de l’observation du ciel étoilé. Elles sont aussi une source de perturbations pour les écosystèmes (modification du système proie-prédateur, perturbation des cycles de reproduction, perturbation des migrations…) et représentent un gaspillage énergétique considérable.

Envisager la réduction des nuisances lumineuses et des consommations d’énergie grâce notamment à l’utilisation :

  • de lampes plus efficaces
  • d’une lumière mieux orientée vers les zones à éclairer. Les boules lumineuses présentent une très mauvaise efficacité lumineuse globale et génèrent une importante pollution lumineuse en éclairant davantage le ciel que la chaussée
  • de systèmes de gradation de la lumière, qui permettent d’adapter la quantité de lumière émise aux besoins, et éventuellement d’extinction de l’éclairage en pleine nuit dans certaines zones.

Les dépendances routières sont loin d’être dépourvues d’intérêts écologiques, elles offrent une variété de milieux où bien des espèces trouvent refuge. Les bords de route constituent, selon l’habitat et la diversité des conditions d’humidité et d’exposition, des corridors écologiques assurant les échanges au sein des différentes populations animales et végétales. Les critères de gestion qui régissent ces espaces sont évidement guidés par la sécurité routière, mais la mise en place de mesures simples et un entretien approprié permettent de concilier sécurité et protection de l’environnement.

Connaitre son patrimoine

Les dépendances routières abritent parfois certaines espèces rares, parfois protégées. Il est toujours profitable pour une commune de connaître son patrimoine, notamment lorsqu’il est prévu d’intervenir. La consultation d’associations locales ou régionales peuvent donner des informations intéressantes. La protection de ces espèces rares peut nécessiter des mesures spécifiques, souvent très localisées, souvent peu contraignantes.

Retarder et espacer les fauches

Le fauchage tardif est primordial pour les plantes annuelles car il leur permet de se reproduire. C’est tout particulièrement important pour les plantes vivaces, car la production de graines permet d’assurer leur diversité génétique, et essentiel pour de nombreux insectes qui dépendent de leur floraison pour se nourrir. La première règle est donc de retarder le plus possible la date de la première fauche.

Les fossés : des lieux de vie originaux

La fauche sur les versants des fossés doit être réalisée de manière limitée, pour éviter une érosion accentuée, et concerner un seul des versants. Le fond herbeux du fossé étant plutôt favorable à la rétention de l’eau et abritant souvent des espèces animales et végétales d’intérêt, il doit être préservé au maximum. Le curage répété des fossés est loin d’être une nécessité, et assez coûteux de surcroît. Une intervention peut être envisagée en fin d’été avant que les végétaux ne fanent.

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Milieu naturel

Les travaux de restauration, création, gestion des milieux naturels et de leurs fonctionnalités ont des objectifs identiques, dont les pratiques peuvent être différentes selon les milieux et les acteurs concernés. La conduite de projet grâce au génie écologique permet notamment la reconstitution de milieux naturels, la restauration de milieux dégradés et l’optimisation de fonctions assurées par les écosystèmes. Le génie biologique, ou génie végétal, représente une solution adaptée: il recouvre l'ensemble des techniques et stratégies utilisant les végétaux pour la maîtrise ou la gestion des phénomènes érosifs.

Le centre de ressources national met à disposition des documents, des outils techniques et des expériences pour enrichir et favoriser des projets intégrés, respectueux des écosystèmes.

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Milieu aquatique

Les cours d’eau ont subi de nombreuses altérations. Ainsi, les lits des cours d’eau ont fait l’objet de canalisations plus ou moins marquées, souvent avec rehaussement des berges pour limiter les crues. Ces aménagements cassent la dynamique naturelle du cours d’eau et dégradent les connectivités latérales. Les enrochements  des berges remplaçant la végétation naturelle altèrent l’épuration des eaux effectuée notamment par la ripisylve.

L’enlèvement systématique de tous les embâcles limite l’oxygénation de l’eau, il doit donc être réfléchi. Le débordement d’un cours d’eau favorise sa dépollution et permet de stocker une partie de l’eau dans les zones-tampons (diminution des crues). Le curage du lit diminue ces possibilités de débordement et la destruction des zones annexes limite ces phénomènes d’expansion des crues.

Aménagement du site de la baie de Paulilles (au Sud de Port Vendres)
Réhabilitation de l'ancienne usine de dynamite.
Travaux réalisés par le Conseil Général des P.O.

Espace agricole

L’agriculture contribue à la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité, mais elle est aussi l’un des principaux moteurs de la perte de la biodiversité. La biodiversité agricole est à la fois le résultat de la sélection naturelle et celle de l’homme. Sa conservation dépend de la bonne gestion et de l’utilisation durable des espèces nécessaires à l’agriculture, tels les pollinisateurs qui ont besoin de la diversité d’habitats pour survivre. L’agriculture doit donc fournir des incitations pour préserver des zones telles que les haies et les bordures des champs.

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Espace forestier

Conserver des vieux arbres, des arbres creux ou du bois sur place permet d’offrir des refuges, des lieux de reproduction à bon nombre d’espèces, ainsi que des continuités écologiques pour la faune arboricole. Chaque étape de la décomposition du bois a une faune et une flore spécifique y compris au niveau de sa souche. Le fait de laisser le bois coupé au sol en tas permettra la présence de mammifères (hérissons, lapins…) ou d’amphibiens. Les insectes du bois mort et ceux du bois vivant ne sont pas les mêmes. De fait, les arbres morts ne présentent aucun danger pour les arbres vivants. De même, chaque stade de décomposition a un cortège de champignons spécifiques. Les champignons sur un arbre mort n’ont rien à voir avec ceux sur un arbre vivant, et un arbre vivant attaqué par les champignons est en général condamné à terme.